L’arène (2025)
Le 20 juin 2025, alors en vadrouille à vélo dans la région du Gard en France, je mets le cap vers la Camargue, terre saline et sauvage qui m’a souvent été décrite comme un endroit mythique, enserré entre deux bras du Rhône et la Méditerranée au sud. Son delta naturel formé de marais, d’étangs et de lagunes abrite plus de quatre cents espèces d’oiseaux, dont le flamant rose. Par la route de Méjanes en direction des Saintes-Maries-de-la-Mer, capitale de la région, j’aperçois enfin l’étang de Vaccarès. J’y entends les premiers cancanements.
Un garde du Parc descend de son quatre-quatre et m’accompagne sur l’étang aux abords asséchés par le soleil de l’été déjà bien installé. Il pointe les oiseaux du doigt, mais son intérêt semble ailleurs. Son index se tend vers le sud : il m’informe de ce qui m’attend au bout du chemin. Les fêtes votives ont commencé depuis quelques jours déjà dans la commune.
L’image silencieuse et paisible de la Camargue que j’avais en tête n’a pas tardé à être bousculée par une ambiance des plus festives. Je m’accoste à la Brasserie Lou Gabian où une foule de monde s’envoie double Ricard sur whisky-coca devant la fête foraine. Je m’échoue sur les longues plages de sable pour une courte nuit. Demain, il y aura l’Abrivado — une tradition provençale où les gardians, montés à cheval, conduisent les taureaux du pâturage à l’arène. Pendant un instant, le village devient lui-même arène : le public, les raseteurs, et l’adrénaline partagée donnent à ressentir toute la prestance et le poids de cet animal, aussi mythique pour les Camarguais que la terre qui le porte.















